Vincent Raffard, un Français à Miami.
Auteur : Éloïse Bouton
Date de publication : 11/01/2010
Le nom de Vincent Raffard vous dit quelque chose ? Vous l'avez peut-être déjà vu souffler dans sa trompette il y a quelques années avec le groupe Barzaoui. Vous avez peut-être écouté "Célestin", son album pour enfants co-composé avec Caroline Tesca et sorti en 2006 ou l'avez peut-être croisé sur une scène parisienne avec Augustin et les Mangeurs de Pain. Enfin, vous avez peut-être lu l'article qu'Univarts lui a consacré en 2005 (http://www.univarts.com/mag/article/1167_freestyle-no-la-vince.html?search_domain=1&key=vincent+raffard&x=0&y=0). Quatre ans plus tard, nous avons retrouvé ce jeune artiste français établi à Miami qui nous dévoile ses projets pour 2010.
Quand j'avais 12 ans, je me suis cassé le dos chez un ami, Julian Cassia, avec qui je travaille encore aujourd'hui et qui est devenu producteur à New York. Suite à cet accident, je me suis retrouvé immobilisé ce qui m'a poussé à me mettre sérieusement à la guitare en me plongeant dans la découverte du blues. A l'âge de 16 ans, après un parcours scolaire chaotique, j'ai quitté l'enseignement traditionnel pour intégrer une école de jazz. Pendant trois ans, j'y ai appris la guitare jazz, le solfège et toute la technique. A 18 ans, je me suis mis à la trompette et pris des cours avec l'artiste cubain Ernesto Tito Puentes (NDLR, trompettiste et chef d'orchestre emblématique de la scène afro-cubaine parisienne). J'ai suivi des cours à l'American School of Modern Music pendant quatre ans en délaissant quelque temps la guitare au profit de la trompette.
De 2003 à 2005, j'écumais les scènes parisiennes avec Augustin et les Mangeurs de Pain. Nous avons fait deux premières parties de Mano Solo à Roubaix en novembre 2004 et à Paris à L'Olympia en janvier 2005. C'était ma première rencontre avec un très grand artiste et j'ai découvert un être humain exceptionnel. Je garde un souvenir magnifique de ce concert à l'Olympia avec un homme de cette envergure. Puis en 2005, le groupe a périclité et j'ai été contacté par mon amie Caroline Tresca qui m'a proposé de composer "Célestin" (Sony /BMG, 2006), un album de chansons pour enfants avec elle. En 2007, l'envie de chanter m'a pris. J'ai suivi une formation de 2001 à 2006avec Michelle Lepeut, une professeur de souffle qui m'a permis de me replacer le dos, d'assouplir mon corps et de déceler mon grain de voix. J'ai commencé à écrire mes premiers textes et jouais en tant que trompettiste avec le groupe Barzaoui. Lors du concert d'un ami à Paris, j'ai rencontré un musicien américian qui m'a invité à boeufer avec ma trompette sur scène. Il m'a ensuite proposé de le suivre dans une tournée estivale de Miami à New York. La tournée a été un succès. A l'issue de ces 23 dates, Roxanne, une sicilienne américano-cubaine m'a proposé de garder sa maison pendant ses vacances. Elle est depuis devenue ma femme !
Une ouverture d'esprit, une facilité à entreprendre des choses. La scène musicale est assez riche à Miami, notamment dans le domaine du jazz, et les américains n'ont pas peur de proposer. Toutefois, la France me manque aussi, surtout son esprit critique et la qualité de sa musique underground. Il n'y a qu'en France qu'on entend de la bonne musique américaine, elle ne passe pas à la radio aux Etats-Unis. Aussi, les américains ne te diront jamais que ton album est mauvais. Parfois j'aimerais bien l'entendre, je pense que c'est une bonne remise en question qui permet d'avancer.
J'en ai deux. Le premier consiste à produire le disque de Wendell Morisson, un chanteur soul d'une cinquantaine d'années à la voix incroyable, que j'ai rencontré en 2008. L'album comportera 6 ou 7 titres et sortira très probablement cette année. Je l'appellerai peut-être "Miss Roxanne" ! Mon second projet est de sortir un disque ou 2 EP. D'un côté, je travaille à Miami avec le producteur A.T Molina sur un album pop assez commercial et très dansant. De l'autre, j'ai réalisé 5 titres à New York avec mon ami d'enfance Julian Cassia sur un concept d'ambiance beaucoup plus intimiste et une production plus calme.
Afin de dégager deux atmosphères bien distinctes. Pour le projet Miami, la mélodie et la musique sont mises en avant et la formation musicale est différente. Je fais les guitares mélodiques, les trompettes et quelques claviers. Je suis accompagné de musiciens qui se chargent des percussions, de la batterie, de la basse et des guitares. L'harmoniciste français Nico Wayne Toussaint nous a également rejoint sur un morceau. A contrario, le projet New York vise à mettre le texte en avant dans une atmosphère plus minimaliste et dépouillée. Nous avons tout fait à deux avec Julian : guitares, trompettes, voix, claviers... Julian joue de la batterie et de la basse, chante les refrains et produit. J'envisage éventuellement d'enregistrer les mêmes morceaux deux fois avec un son Miami et un son New York.
Ils aiment beaucoup même s'ils ne comprennent pas ! Je m'attache davantage à la musicalité des mots et aux sonorités qu'au sens pur. Je suis un grand fan de Brassens, qui reste une source d'inspiration tant textuelle que musicale. Il m'est arrivé de reprendre "Le Gorille" sur des scènes de Miami et de faire participer le public qui s'est montré très réceptif.
Un label, un public et un suivi ! Je recherche un label et un distributeur. J'aimerais aussi trouver un manager et jouer en France.
Mis à jour : 14/01/2010
Credits photos : Lizzie Easton,
Remerciements : Vincent, Marie Aguettant
Copyright : UNIVARTS © 2010 - Tous droits réservés
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