Jon Bjarnason, éclairagiste et light designer.
Auteur : Éloïse Bouton
Date de publication : 29/12/2009
Univarts vous a déjà parlé du travail de light designer et d'éclairagiste à travers le parcours d'Emmanuelle Pedron, alias Gigi (cf "Que la lumière soit" http://www.univarts.com/mag/article/2903_que-la-luminure-soit-.html). Nouvelle occasion de faire la lumière sur ce métier de l'ombre avec Jon Bjarnason, qui assiste Gigi sur quelques concerts mais travaille aussi en tant que créateur lumière. Entre art, technique, rêve et musique, ce jeune homme de 24 ans nous livre sa vision de sa profession.
"Mon métier, c’est quoi ? Appuyer sur des boutons !" plaisante Jon Bjarnason. Le jeune light designer passe en effet une grande partie de son temps le nez dans sa console. Il ajoute plus sérieusement : "je fais de la création lumière c’est-à-dire que je retranscris la demande d’un artiste en visuel pour du live". Jon – prononcez Yonne – a toujours entretenu une passion pour la musique. Tromboniste dans ses jeunes années, il s’intéresse rapidement à la technique et à la lumière "qui est là pour servir la musique".
Le jeune homme d’origine islandaise empoche un baccalauréat S-SI (Scientifique Sciences de l’Ingénieur) à Lyon et se tourne d’abord vers le DJing en animant des soirées électro house techno dans des clubs parisiens (La Loco Le Red Light…) Après un IUT G2I (Génie Industriel et Informatique) à Cachan prématurément abandonné, Jon décide de partir à Lille. Là, il travaille pour une entreprise de prestations son et lumière et acquiert des bases solides pour l’avenir. De fil en aiguille, Jon se constitue un petit carnet d’adresses et se retrouve régisseur lumière au Splendid de Lille pendant un an. Il officie également dans des festivals (La ferme du Rock, Les Paradis Artificiels…) puis réalise les créations lumière de plusieurs groupes qu’il accompagne en tournée (Vega Star, Yuksek, Brisa Roché…).
Arrivé à Paris, le jeune homme au patronyme imprononçable alterne entre le travail de light designer (Gush, Housse de Raket) d’assistant de light designer (Bénabar, Gérald de Palmas, Saule, Wax Tailor) et celui d’éclairagiste. En tant qu’assistant, Jon seconde le light designer dans sa création, apporte une aide technique à la réalisation des plans, de la modalisation en 3D et donne son avis sur les projets. Il intervient de la conception initiale à la finalisation de la création. "J’adapte mon style en fonction de l’artiste sans règles prédéfinies. Pour de l’électro, je privilégie des éclairages robotisés alors que pour du rock, je vais choisir des lumières plus sales et plus fixes. Cela dépend aussi des moyens techniques octroyés pour une tournée. Un plan de feux doit être adaptable dans toutes les salles".
A seulement 24 ans, le jeune designer lumière est pleinement satisfait de son parcours mais souhaite encore évoluer et rêverait de travailler avec le groupe rock électro britannique Archive : "Ils incarnent la perfection musicale et recréent un univers très intéressant sur chaque morceau". Pour lui, patience, écoute et humilité sont les maîtres mots dans ce métier. Car si le sens artistique et les qualités techniques semblent prévaloir, les désirs de l’artiste doivent demeurer centraux dans la phase de création.
Jon, un dernier conseil à donner à des futurs light designers ou éclairagistes ? "De ne surtout pas faire ce métier, ça fait de la concurrence ! Sans rire, d’être passionné avant tout, de toujours s’intéresser à ce qui se passe autour de toi, de ne jamais remettre en cause le fait que tu ne sais jamais tout et que tu apprends tous les jours, d’être a l’écoute des autres, d’oser prendre des risques et d’assumer ses choix".
Mis à jour : 29/12/2009
Credits photos : Alain G., Jon Bjarnason
Remerciements : Jon, Gigi, la boîte en métal
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