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 "Ngamb'Art, un lieu de vie pour laisser libre cours à la créativité" 

Auteur : Éloïse Bouton
Date de publication : 18/05/2009

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C'est le résultat d'un métissage entre le Burkina Faso, le Congo et de la Côte d'Ivoire. Ngamb'Art vise à promouvoir l’art africain à travers la danse, la musique, le chant, le conte et le théâtre partout dans le monde. Créée en août 2002, à l’initiative de Kévin Kimbengui, la compagnie se compose d’artistes danseurs et musiciens issus de différents horizons culturels, dont l’ambition est de danser, de  créer, de faire partager leur enthousiasme et de transmettre une danse nourrie d’Afrique et d’influences contemporaines diverses. Kévin Kimbengui, répond aux questions d'Univarts et présente sa dernière création "Au Plus Profond de Toi".  

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Présentez la compagnie Ngamb'Art.


Le travail de la compagnie s’articule autour de 3 pôles d’activités : créations (spectacles traditionnels africains et spectacles afro contemporains), animations (carnavals de rue, festivités diverses), pédagogie (cours, ateliers, stages de danse africaine, salsa, ragga, percussion, hip hop, de musique, de théâtre, d’écriture de conte). Nos créations ont une résonance musicale à la fois traditionnelle et moderne où le choix des instruments est toujours prépondérant.

 

Le djembé, le ngoma, la sanza, le balafon, le Doumdoum, la Kora, rythment les spectacles «traditionnels» pour leur donner couleur et vie. Selon les projets, la musique peut également prendre d’autres formes toujours dans le souci d’étayer notre propos (musiques corporelles, bruitages divers…). Ouverte sur le monde, la compagnie est également implantée au Pays-Bas ainsi qu’au Burkina Faso, où petit à petit se construit  un centre de danse «Ngamb'art». 

 

Comment êtes-vous devenu danseur chorégraphe ?


Au départ, je ne voulais vraiment pas danser, mon objectif était de devenir un grand comédien. D’ailleurs, c’est ce qui fait que ma carrière en tant qu’artiste, je l’ai commencée avec le théâtre et la première pièce que j’ai jouée s’appelait « Noix de coco ». Puis  «accidentellement», je dirais, j’ai rencontré la danse, pour laquelle j’ai reçu une formation contemporaine et traditionnelle congolaise solide. Puis, j’ai approfondi mes connaissances en danses traditionnelles en Côte d’Ivoire auprès de la Compagnie Mwéssi Africa, au Burkina Faso auprès de la Compagnie Salia ni Seydou et en France en danse contemporaine, classique et modern-jazz à l’institut de danse Kim Kam et au conservatoire du 19ème pour préparer des  épreuves du diplôme d’État, option danse contemporaine. Puis j’ai rencontré d’autres styles tels que la salsa et le ragga.

 

Comment avez vous découvert le monde de la danse africaine ? Quels sont vos modèles dans ce milieu?


J'ai découvert la danse africaine par le biais de différents stages. Le fait de rencontrer des chorégraphes et des danseurs m’a ouvert les yeux et m’a permis de découvrir une vraie richesse. Mon modèle reste Salia ni Seydou. Les membres de cette compagnie ont voué leur vie à la danse et réussi à porter loin la culture africaine. Ils demeurent la vitrine de la danse contemporaine africaine en Afrique.

 

Comment définiriez-vous votre dernière création?


Fort des nombreux voyages que j’ai effectués à travers le monde, j’ai  voulu à travers cette création, parler avec humilité à mon Afrique natale, l’Afrique joyeuse, riche qui m’a porté mais qui reste prisonnière de ses faiblesses, de ses complexes. Je m’adresse également à tous les peuples du monde qui se sentent faibles, ou opprimés et les invite à prendre conscience de leurs trésors.  Le thème de ma nouvelle création « Au plus profond de toi » est le clandestin.  Chaque jour, des centaines, voire des milliers d’Africains prennent le chemin d’un exil volontaire, laissant derrière eux, leurs terres natales, leurs familles, leurs amis, leurs lieux familiers, et leurs souvenirs de toute une vie. Je voudrais non seulement rendre hommage à toutes ces personnes qui meurent sur les bateaux de fortune, mais aussi inciter nos politiciens à voir différemment la situation, à créer des emplois, à faire confiance aux jeunes car ils sont la relève de demain.


 

Comment travaillez vous?


Au niveau culturel, l'enjeu consiste à développer une collaboration entre le l’Europe et l’Afrique en confrontant les diverses sensibilités et cultures chorégraphiques des artistes résidant dans ces pays. Au niveau artistique, nous portons une attention particulière à la création chorégraphique  pour permettre au monde entier de comprendre notre discours. Mon groupe comprend aujourd’hui 10 artistes (danseurs professionnels, musiciens, conteurs, chanteurs, percussionnistes), tous issus d’horizons divers, qui travaillent en étroite collaboration avec moi même chorégraphe, ce qui permet une complicité qui est ressentie par le public. En plus de ses créations, notre compagnie présente des scènes chorégraphiques (spectacle vivant) mettant en scène : la chasse, la cueillette, la guérison ainsi que des chants et de la musique. Ces spectacles sont rythmés, en live, par des instruments traditionnels et des chants.


Notre danse expérimente à travers des personnalités plurielles, apporte un langage nouveau pour la recherche d’une gestuelle contemporaine de culture africaine.Pour cette raison, mes spectacles concilient les différents pas de la danse traditionnelle africaine (notamment congolaise, ivoirienne et Burkinabé) avec des pas de Jazz, ce qui leur donnent une couleur et une chaleur particulièrement vivantes. Afin de composer une création musicale originale et d’entraîner le public dans un voyage au cœur de l’Afrique, la partie instrumentale est toujours alimentée et enrichie par l’ensemble des instruments tels que le djembé, la sanza, la kora, calebasse d’eau, les cuillères, lesmaracas, des claquement des doigts de pied, puis de simples voix.


Enfin, la compagnie propose plusieurs ateliers de danse africaine, percussion, salsa, ragga, hip-hop. Ces ateliers sont souvent réalisés dans des centres de loisirs, les écoles primaires et collèges et même certains lycées. Ils sont bien sûr animés par les artistes de la compagnie. 

 

Que vous manque-t-il aujourd'hui?


Tout d’abord, nous manquons de subventions. Nous voudrions tellement monter des projets, notamment pour aider des artistes, mais malheureusement les fonds propres de la compagnie, qui financent déjà la majeure partie de nos activités, ne peuvent pas soutenir financièrement nos projets. Nous avons donc besoin d’aide et espérons que nous arriverons un jour à mettre en place l’intégralité de nos différents projets. Aussi, nous cherchons toujours d’autres partenaires potentiels : un tourneur ou un chargé de diffusion, des théâtres, des festivals, afin de programmer notre dernière création. 


 

« Au plus profond de toi » samedi 30 Mai à 19 heures au théâtre de la Reine Blanche

2 bis Passage Ruelle - 75018 Paris

Renseignements et inscriptions au 01 42 03 26 45 ou  01 40 05 06 96 ou 06 50 73 43 53

2e édition du Festival Tobina (« Dansons » Les rencontres chorégraphiques du 10ème arrondissement de Paris) du 3 au 5 juillet 2009

www.ngambart-cie.com


Mis à jour : 18/05/2009

Credits photos : Ngamb'Art

Remerciements : Kévin Kimbengui

Copyright : UNIVARTS © 2009 - Tous droits réservés

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