Internet, champ de tous les possibles
Auteur : Marie AGUETTANT
Date de publication : 19/07/2006
Ancien consultant Internet/Télécom, Jean Robin enquête à l'été 2005 sur le roman historique de Thierry Ardisson, Pondichéry. Il affirme que ce roman comporte 60 pages minimum de plagiat. A la rentrée, Ardisson publie Confessions d'un baby-boomer où il avoue 6 pages de plagiat; Jean Robin envoie un communiqué pour alerter les média de l'ampleur du plagiat. Une contre-enquête d'"Arrêt sur images" a donné raison à Jean Robin qui veut se faire entendre davantage: plateaux TV, pièges téléphonique..., Robin décide de créer une société d'édition de livres d'enquête et publie son "Ils ont tué la télé publique".
Le Système, pour moi, ce n’est pas le grand complot, que les choses soient claires. Il n’existe pas un petit groupe de personnes très puissantes qui tirerait les ficelles des vulgaires pantins que nous serions tous. En dictature, la censure s’exerce par la violence, la force, elle s’exerce directement, et puis il y a les camps, les goulags et autres laogaï… Dans nos sociétés, dites "démocraties", "libérales", ou les deux, la censure est également présente mais s’exerce d’une autre manière. Le sociologue Raymond Boudon l’a mieux expliqué que moi, et justement nous citons cet extrait de lui pour justifier l’existence de notre maison d’édition, qui contourne le "Système" :"Dans les régimes dits "libéraux", le conformisme, si marqué soit-il, est d'une toute autre nature. Il ne renvoie pas à une doctrine officielle appuyée sur un bras séculier ; il est insinuant et diffus. Ce conformisme constitue, lui aussi, une censure ; mais cette censure ne ferme pas les journaux, ne condamne pas les "dissidents" à la prison, à l'exil ou à l'hôpital psychiatrique. Marcuse a parlé à ce propos de "tolérance répressive". En fait, le conformisme dans les régimes "libéraux", qui ne saurait être confondu avec le conformisme totalitaire, se caractérise par trois traits. Il s'en tient à l'implicite et préfère présenter ses dogmes comme des évidences "scientifiques", comme on le voit par l'exemple des diverses idéologies qui ont cours dans l'ordre pédagogique ou économique. En deuxième lieu, la défense du conformisme n'est pas directement assumée par l'Etat. Les "listes noires", l'étouffement par le silence remplacent le camp de concentration. En troisième lieu, la censure du point de vue cognitif constitue moins un mécanisme de répression qu'un mécanisme d'inhibition. Elle appauvrit le champ des possibles parmi lesquels notre esprit pourrait exercer sa capacité d'élection. Elle ne nous interdit pas telle pensée, elle nous détourne de nous y arrêter. Elle surveille plus qu'elle ne punit. Comme elle n'est pas strictement centralisée, elle procède par addition de biais cumulatifs, qui produisent un consensus sur des "croyances négatives" plutôt que sur des "croyances dogmatiques". (Raymond Boudon et François Bourricaud, p. 98-99, Dictionnaire critique de la sociologie, éditions PUF, mars 1994)
Mais c’est exactement ce pour quoi nous avons opté ! Notre spécificité est d’utiliser aussi Internet comme moyen de diffusion, de distribution et de promotion. Les autres maisons d’édition, y compris celles qui se veulent indépendantes et/ou alternatives, n’ont soit pas compris soit pas valorisé à sa juste valeur l’apport d’un média alternatif et indépendant comme Internet, dans un domaine aussi sensible que celui de l’information. Sans l’existence d’Internet, jamais je n’aurais plongé dans l’aventure de l’édition, surtout pour sortir des livres refusés partout ailleurs !
Le Journalisme Continu est le Journalisme qui est rendu possible grâce aux spécificités médiatiques d’Internet. Parmi ces spécificités, la traçabilité de l’information, qui sera visible dans chacun de nos livres (un maximum de sources ouvertes y figurent et y figureront), et la diffusion/distribution directe d’informations aux lecteurs, avec lesquels nous pouvons nouer une relation bien plus personnalisée que sans Internet. Je rappelle qu’aujourd’hui, les maisons d’édition sont peut-être les seules entreprises qui ne connaissent pas leurs clients ! Nous, nous connaissons ceux qui achètent nos livres sur notre site Internet, nous avons au minimum leur nom, prénom, adresse physique et courriel. Ceux qui décident de souscrire à notre offre "pour une vie de livres" (une offre unique dans le monde de l’édition) remplissent également un questionnaire plus complet, nous proposent des sujets d’enquête, nous donnent un retour sur les livres de la maison, etc Nous voulons changer la relation du lecteur à la maison d’édition, bien trop impersonnelle et aveugle aujourd’hui.
C’est une des pistes que nous envisageons, mais pour l’instant nous voulons nous focaliser sur la maison d’édition, pour laquelle il existe un modèle économique sûr et certain. Une fois que nous aurons pris un rythme de croisière, et que nous commencerons à nous faire connaître, nous passerons à d’autres étapes, les possibilités sont quasi-illimitées.Hier nous avons lancé un site pour faire pression sur la FIFA suite à l’affaire Materazzi-Zidane. Nous estimons que Materazzi doit être exclu des terrains de football, car nous considérons qu’un provocateur hyperviolent comme lui n’a pas sa place ni dans une équipe nationale, ni sur un terrain de football. En 24h, la pétition a reçu 700 signatures, et l’annonce que la FIFA ouvre une enquête sur son altercation avec Zidane ne peut que faire monter ce chiffre très haut ! (materazzi-must-quit-football.blogspot.com/). Voilà le genre de causes pour lesquelles nous sommes prêts à nous engager, mais pour l’instant elles restent marginales, nous n’en tirons aucun revenu, mais cela permet de faire parler de nous tout en défendant certaines valeurs qui nous tiennent à cœur.
Pour chaque livre que nous publions et que nous publierons, un blog sera lancé pour pouvoir accompagner le livre dans l’actualité, les mises à jour, les réactions des lecteurs et divers observateurs, etc. L’auteur s’engage par contrat avec nous à s’occuper personnellement de ce blog, y publier régulièrement des notes, répondre aux lecteurs ou internautes qui l’interpellent, etc. Pour notre 1er livre, sur Ardisson et la télé publique (telepublique.blogspirit.com), cela nous a notamment permis d’analyser publiquement la lettre de démission d’Ardisson, de révéler le suicide du bras droit d’Ardisson, d’expliquer en quoi le départ d’Ardisson n’est qu’un départ d’apparence (à cause du débarquement des "bébé-ardisson" sur le service public), etc Sur ce blog nous avons également annoncé les conférences, séances de signature et autres événements en lien avec le livre et/ou l’auteur, nous continuerons car le blog est un excellent outil de communication pour un livre.
Après 2 mois d’existence, nous avons reçu une dizaine de manuscrits, sur les sujets les plus divers. Tous ne sont pas bons, mais certains sont exceptionnels. Nous avons fait 3 propositions, deux ont déjà été acceptées, et le prochain livre c’est (encore) moi qui l’ai écrit (mais c’est le dernier, promis). Notre rythme de publication étant d’un livre par trimestre, notre planning est par conséquent plein jusqu’en janvier 2007, voire avril 2007 si une autre proposition que nous avons faite, pour la traduction en français d’un livre américain, se conclut rapidement. Nous révèlerons les thèmes des 3 prochains livres de la maison au moment de la sortie du prochain livre, fin août 2006. Ce livre, j’ai déjà eu l’occasion de le dire, sera peut-être la polémique de l’année en France, tant le sujet qu’il aborde est tabou dans notre pays, à tort évidemment. Il devrait créer la polémique et ouvrir le débat sur cette question en France, mais également au niveau mondial, tant sa problématique touche de nombreuses populations de part le monde. Pour être informé avant tout le monde de sa sortie et du thème des autres livres, il suffit de s’inscrire à la newsletter mensuelle de la maison, en haut à droite du site www.journalisme-continu.com .
Il nous manque surtout un distributeur-diffuseur ; aujourd’hui nous faisons quasiment tout par nous-mêmes ! Diffusion (vente auprès des libraires), distribution (logistique), promotion (comme maintenant), édition… Cela prend énormément de temps, temps que nous pourrions investir dans notre développement, évidemment. Et puis, si un de nos livres a un potentiel de plusieurs centaines de milliers d’exemplaires, en l’état actuel des choses nous ne pourrons jamais les distribuer, non pas par manque de bonne volonté, mais tout simplement parce que sans un distributeur-diffuseur d’une bonne taille (je ne parle pas forcément d’Editis ou d’Interforums), nous sommes condamnés à gérer les commandes par dizaines, au mieux par centaines…Donc, si un bon distributeur/diffuseur lit cette interview, qu’il réponde à notre appel et il ne sera pas déçu ! Nos livres sont certes polémiques, refusés partout ailleurs pour cause de collusion d’intérêts avec les pouvoirs, ou de politiquement incorrect, mais ce sont aussi ces livres qui se vendent le mieux…. A bon entendeur !
Mis à jour : 14/07/2006
Credits photos : portraits: DR Emmanuelle Bousquet
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1 commentaire
Rédigé par: lebonair | le 15 Juillet 2006 à 12:45:13
article vraiment très intéressant ...
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